avril 11, 2021

Covid-19 : notre rapport avec les animaux et à la nature.

1. Le contexte

La pandémie mondiale de Covid-19 (maladie provoquée par le coronavirus SARS-COV-2) va en s’aggravant, touchant désormais la quasi-totalité des pays du globe. Les derniers bilans font état de plus de 1 181 000 cas confirmés, pour environ 63 900 morts. C’est un fait qui reste à confirmer avec certitude, mais cette catastrophe a très probablement été causée par un contact entre une personne humaine et une espèce animale sauvage comme le pangolin ou la chauve-souris, via un marché aux espèces sauvages de la ville Chinoise de Wuhan

Cette origine géographique de la pandémie a donné lieux à de nombreuses réactions et propos racistes envers les chinois, et plus globalement envers les asiatiques, en prenant pour prétexte les pratiques culinaires de certaines régions, dont les habitant sont taxés de « bouffer tout et n’importe quoi », c’est à dire des animaux sauvages comme des animaux domestiques. Évidement, ces clichés sont totalement racistes et gratuits, car chaque peuple sur Terre à ses propres traditions et pratiques culinaires, et se nourrit de différents animaux sauvages comme domestiques, à commencer par les français qui peuvent manger aussi bien des animaux sauvages comme le « gibier de chasse », que des huîtres, des escargots, des grenouilles, des animaux marins de toutes sortes, et évidement une multitude d’animaux de ferme élevés et abattus dans des conditions atroces, et dans des proportions astronomiques (on parle de plus d’un milliard d’animaux tués chaque année en France, rien que les animaux de ferme).

L’épidémie se transformant en pandémie grâce aux échanges mondiaux, les discours méprisant envers la Chine et le relativisme face à la gravité de la situation ont très vite changé lorsque les pays sont devenus eux-mêmes concernés, et qu’il était malheureusement déjà trop tard pour endiguer efficacement la pandémie.

La suite on la connaît.

2. Les différentes causes de cette crise sanitaire mondiale.

Les coronavirus sont présents dans la nature, ils peuvent se développer au sein d’espèces animales telles que les chauve-souris. Les scientifiques en sont sûrs, la première cause de la pandémie serait la transmission du virus d’un animal à un humain. Si cet animal est le Pangolin, il a été capturé pour sa viande.

En raison de sa période d’incubation longue et sans symptômes apparents, et de son caractère très contagieux, il a pu se propager massivement avant même que les autorités sanitaires ne puissent réagir en connaissance de cause.

La mondialisation, les échanges commerciaux, les voyages internationaux ont été autant de moyens pour véhiculer le virus sur l’ensemble de la planète.

L’inertie, l’incompétence, et même les calculs politiques cyniques de certains gouvernements face à la situation d’urgence ont également ont également contribué à la propagation incontrôlable du virus, et la situation est passée de l’état d’épidémie à celui de pandémie.

Le manque de moyens médicaux, largement dû dans certains pays à la détérioration du système de santé publique par les politiques libérales, a entraîné la saturation des hôpitaux par les arrivées massives de patient, avant même le pic de la pandémie.

3. Les conséquences bénéfiques à court termes.

Grâce aux mesures de confinement, le nombre de voitures en circulation a considérablement diminué, entraînant une baisse phénoménale de la pollution émise par les pots d’échappement. Cela démontre bien que pour lutter efficacement contre la pollution, plutôt que de persister dans l’industrie automobile en produisant des véhicules électriques, il faut en premier lieu revoir toute l’organisation de la société qui s’est construite autour de la voiture individuelle : repenser l’éloignement habitation/lieu de travail, investir massivement dans les pistes cyclables sécurisées, rendre gratuits les transports en commun et les redévelopper, que ce soit en centre ville, en banlieue, ou à la campagne.

Les mesures de confinement ont diminué les activités dans le domaine de l’industrie, mais également dans d’autres bien plus superflus, tel que celui du tourisme.

Les gens restant chez eux, le calme est revenu et la nature a pu reconquérir des espaces qui d’habitudes sont envahis par les humain.es.

Certaines activités barbares ont été interdites, comme les corridas, ou tout autre divertissement utilisant des animaux et les soumettant à un stress inutile (zoos, delphinarium, cirques, etc..)

Une autre activité barbare et écocidaire qui a été interdite et dont on doit se réjouir, c’est la chasse, même si les chasseurs ont tout fait pour contourner les mesures qui s’appliquent à tout le pays, en bons privilégiés qu’ils sont, toujours au dessus des lois et du peuple.

Le confinement et donc le ralentissement de la civilisation capitaliste planétaire va offrir par effet mécanique un léger répit aux animaux sauvages et aux écosystèmes. Un répit provisoire seulement.

4. Les conséquences catastrophiques qui suivront.

Évidement, ces rares conséquences bénéfiques ne nous font pas oublier les milliers de morts, et le sacrifice ultime des personnes en première ligne face au virus, et à aucun moment il ne faudrait se réjouir de cette pandémie qui vient frapper nos sociétés.

Cette pandémie ne se réglera pas en quelques semaines, et ce sont des défis bien plus grands qui nous attendent après ce confinement.

Cette crise sanitaire, ce n’est que le début des crises qui arriveront immanquablement : crise économique, crise politique, crise écologique, crise climatique… il n’y aura pas de retour à la normale, car nous sommes embarqués dans un processus d’effondrement inhérent au système capitaliste, entamé depuis de très nombreuses années. Nous le voyons, malgré les nombreuses alertes des scientifiques et de la société civile quand au réchauffement climatique, les responsables politiques NE FONT ABSOLUMENT RIEN, au contraire, ils continuent d’aggraver la situation comme si de rien n’était, ils continuent de servir les capitalistes, de faciliter leur quête de profits sans entrave. Les seules mesures dans ce qui semble être la bonne direction ne sont que de l’ordre du marketing, de l’autosatisfaction, du greenwashing, et absolument pas à la hauteur de l’enjeu historique.

Même si cette pandémie agit comme un électrochoc, comme un avertissement, il est plus à parier que ceux qui en tireront le plus d’avantages seront les classes dominantes et les capitalistes, comme d’habitude, et celles et ceux qui perdront le plus seront les travailleuses et travailleurs, et les personnes précaires en général qui verront leurs droits sociaux suspendus ou supprimés au nom de l’unité nationale contre la pandémie, véritable piège pour liquider les intérêts des prolétaires aux profit des intérêts du patronat et de la bourgeoisie.

Lorsque le confinement sera levé, les capitalistes feront comme si rien ne s’était passé, au mieux ils prendront quelques mesures sous la pression populaire, comme une planification et un financement du système médical et de la recherche scientifique, afin de mieux anticiper et lutter contre les futures épidémies.

Mais jamais les capitalistes ne chercheront à lutter contre les causes profondes de ces crises, c’est à dire notre rapport aux animaux et à la nature.

La destruction des forêt reprendra comme avant, l’exploitation animale continuera comme avant, les voitures, les avions et les usines tourneront à plein régime pour rattraper le profit que les capitalistes ont perdu pendant le confinement. Les rares et insuffisantes normes environnementales misent en place risquent de passer à la trappe face à la pression économique.

5. Quelques rappels de base du fonctionnement du capitalisme.

Le capitalisme est le système économique et politique actuel, système présent sur quasiment tout le globe.

Selon sa définition, Le capitalisme désigne un système politique et économique reposant sur la propriété privée, notamment des moyens de production, le libre échange sur des marchés et la libre concurrence.

Concrètement, cela signifie que les moyens de productions comme les usines, les ateliers, les exploitations agricoles, les entreprises, les entrepôts, les laboratoires, etc… sont détenus par une minorité possédante qui forme une classe sociale, la bourgeoisie, et qu’elle tire du profit dans le fait d’être simplement propriétaire de ces moyens de production. Ce profit est extrait de la production de richesse faites par les personnes qui travaillent dans ces lieux de productions, les travailleuses et travailleurs, qui forment une classe sociale antagoniste, le prolétariat. C’est donc le prolétariat qui crée la richesse en construisant, en réparant, en produisant des biens et des services, mais c’est la bourgeoisie qui s’accapare l’écrasante majorité des richesses produites, le prolétariat ne touchant qu’un salaire en échange. (On pourrait dire que ce sont les employés qui payent le patron réellement, puisque que c’est grâce à leur travail que le patron s’enrichit.)

Cela démontre qu’il y a deux classes distinctes dans la société, le prolétariat et la bourgeoisie, et que leurs intérêts directs sont diamétralement opposés : la bourgeoisie veut maintenir ses privilèges comme le droit d’exploiter et de s’enrichir sur le dos des prolétaires, tandis que les prolétaires cherchent à améliorer leurs conditions de vie en récupérant les richesses volées par la bourgeoisie. Cette différence d’intérêt se nomme la lutte des classes, c’est une lutte perpétuelle que l’on retrouve dans tous les aspects de la société : Quand le patronat veut licencier, réduire les salaires, ou dégrader volontairement les conditions de travail afin de maximiser ses profits, et que les ouvriers s’y opposent en faisant grève, c’est une lutte de classe. Lorsque des gilets jaunes descendent dans la rue pour réclamer une juste et équitable répartition des richesses, la fin des privilèges des ultra-riches, ou plus de moyens pour le service publique, et que le gouvernement de la bourgeoisie envoie la police pour mater la révolte, c’est une expression de la lutte des classes.

La bourgeoisie détient la propriété des moyens de production, celle donc elle qui décide de ce qui doit être produit et en quelle quantité, d’où la surproduction d’objets inutiles, mais c’est elle aussi qui détient les médias, la police, l’armée, et enfin l’État. Voila pourquoi les médias ne sont pas neutres, la culture institutionnelle n’est pas neutre, la police n’est pas neutre. Tous ces aspects de la société sont au service de la bourgeoisie, ils servent son idéologie, ils protègent cet ordre social. Voila pourquoi des journalistes se permettent de toujours dénigrer les révoltes populaires, tout en léchant les bottes du patronat et du gouvernement.

La bourgeoisie ne fait pas les choses par sadisme, mais par intérêt économiques. Il faut comprendre cette nuance, car c’est pour cette même raison que les prolétaires ont parfois recours à des méthodes violentes pour se révolter, ils ne le font pas par amour de la violence, mais par nécessité, pour défendre leurs conditions matérielles. La violence du prolétariat devient alors légitime puisque qu’elle n’est qu’une réponse à la violence qu’exerce la bourgeoisie pour préserver ses privilèges. La violence de la bourgeoisie est très souvent supérieure à la violence du prolétariat, elle n’hésite pas à utiliser la police, la justice, les médias pour écraser les révoltés, et dans certains cas, elle peut aller jusqu’à avoir recours à l’armée et à l’instauration d’un régime ouvertement fasciste si elle sent que la situation lui échappe. (cette situation s’est produite à différentes époques dans divers pays. Aujourd’hui, la montée des extrêmes droites et des nationalismes partout sur la planète nous montrent que l’instauration d’un régime ouvertement fasciste est toujours d’actualité)

Les guerres, les famines, l’exploitation, les inégalités, le pillage de la nature, toutes ces conséquences proviennent du système capitaliste. Ce n’est pas la « nature humaine » qui nous rend mauvais, le peuple ne vote pas pour décider d’une guerre, on ne lui demande pas son avis quand il s’agit de raser une forêt pour ouvrir une mine d’or. En revanche, les comportements prédateurs, égoïstes et individualistes nous sont inculquées par l’éducation, par la culture et les médias qui eux retranscrivent l’idéologie capitaliste, l’idéologie bourgeoise. On nous apprend la compétition au lieu de la coopération, la concurrence au lieu de la mise en commun, la domination de la nature au lieu du respect et de la cohabitation, l’écrasement des plus faibles au lieu de la solidarité, on nous apprend à admirer la réussite individuelle plutôt que l’émancipation collective, on nous incite à s’enrichir le plus possible en écrasant les autres, etc… la richesse individuelle nous est enseignée comme un but ultime à atteindre, même si au final il n’y a qu’une minorité qui pourra s’enrichir, pendant que la majorité restera en bas de l’échelle sociale.

Voila pourquoi le combat pour les animaux et la nature ne peut se faire sans un changement profond de la société, voila pourquoi ce n’est pas la « nature humaine » qui provoque les horreurs dans ce monde, mais bien la minorité de capitalistes qui embarquent l’humanité entière dans sa course aux profits.

La surconsommation, le gaspillage, la croissance économique effrénée, tous ces phénomènes propres au capitalisme ont une même origine et un même but : augmenter les profits de la classe bourgeoisie en écoulant un maximum de marchandises. Cette croissance ne sert pas les intérêts directs de l’humanité mais uniquement les intérêts d’une minorité d’exploiteurs. (La majorité de l’humanité n’a pas accès à des services et des biens essentiels pour vivre dignement, en parallèle, la majorité des dégâts écologiques sont imputables au mode de vie de la minorité de riches qui nous gouvernent)

La bourgeoisie décide pour nous car c’est elle qui est au pouvoir dans tous les domaines de la société, voilà la première source du problème.

6. L’exploitation animale, cause de nombreuses épidémies et pandémies.

La marchandisation des animaux, une logique capitaliste poussée à l’extrême.

Si les animaux sont considérés comme des marchandises nous appartenant, de la simple matière première dont nous disposons pour la transformer en nourriture, alors il ne faut pas s’étonner qu’avec des logiques de concurrence mettant les entreprises en compétition d’un coté, et de l’autre une logique de marché permettant une production toujours plus grande afin d’inonder la population mondiale de viande en tout genre, les conditions d’élevages deviennent si intensives, si atroces avec cette « matière première » faite d’animaux sensibles.

C’est une simple logique capitaliste : pour faire du profit, il ne faut pas se laisser bouffer par la concurrence, donc il faut toujours réduire les coûts de production, intensifier cette production, la rentabiliser au maximum, il faut également créer la demande grâce à la publicité et au travail de lobbying. Ce sont bien les industries de la viande qui créent l’offre, les consommateurs et consommatrices ne font qu’obéir en prenant ce qu’on leur propose massivement, facilement, et à des coûts toujours plus faible.

C’est pourquoi il est faux de croire que ce sont les consommateurs qui créent la demande, et qu’ils auraient un pouvoir décisionnel sur l’offre que proposent les industriels. C’est négliger le pouvoir et l’influence qu’ont ces industries sur l’ensemble de la société et ses institutions. C’est pourquoi le mouvement vegan a très souvent fait l’erreur de considérer qu’il suffirai de créer un nouveau marché vegan pour « végétaliser » petit à petit la production et l’ensemble de la société. Combattre une logique capitaliste en utilisant une logique capitaliste est une impasse stratégique.

Mais revenons aux conditions d’élevage.

Nous avons vu en quoi la logique capitaliste poussait les industriels à intensifier au maximum la production, maintenant regardons les effets concrets que cela entraîne :

Le but étant d’avoir la plus grande productivité possible, des coûts toujours plus réduits (dans le but de maximiser les profits), il faut un nombre d’animaux toujours plus élevé concentré sur des surfaces limités, entraînant une très grande promiscuité entre ces animaux.

Les animaux seront soit entassés ensemble dans des enclos, soit ils seront maintenus dans des cages individuelles minuscules, les empêchant de bouger.

Ces conditions de vie sont insupportables pour les animaux, qui développent alors des comportements agressifs envers leurs congénères (morsures, attaques, voir même cannibalisme) C’est pour cela que les éleveurs ont recours à des pratiques extrêmement douloureuses à la naissance des animaux. Par exemple, les cochons se font couper la queue, pour les poussins, c’est le bout du bec que l’on coupe.

Afin d’éviter les maladies dues au confinement et à la promiscuité, les animaux sont gavés de médicaments et d’antibiotiques. Ces molécules se retrouvent alors déversées en quantité dans la nature, polluant les cours d’eau et les nappes phréatiques. Les humains consommant ces animaux sont également directement soumis à cette sur-médication, rendant les agents pathogènes plus résistantes à aux médicaments.

Malgré les précautions sanitaires au sein de la filière de l’élevage, l’intensification et industrialisation en constante augmentation multiplie les chances de voir apparaître des agents pathogènes se développer parmi les animaux entassés dans ces fermes-usines.

De nombreuses épidémies sont ainsi apparues dans des élevages comme la grippe porcine ou la grippe aviaire. Même si l’origine de la contagion se fait par une transmission entre un animal sauvage et un animal d’élevage. Le fait qu’il y ai qu’une seule espèce d’individus confinés dans un même endroit rend la propagation et les mutations de virus bien plus faciles.

Plus généralement, c’est la consommation de viande d’animaux sauvages qui ont été des facteurs de transmissions d’autres épidémie, comme avec le SARS-COV (virus qui provoque la maladie du SRAS) ou Ebola pour ne citer que les plus connues.

Que ce soit l’exploitation des animaux sauvages par la chasse, le braconnage, la capture, ou l’exploitation des animaux domestiques par l’élevage, c’est bien le même mécanisme qui est à l’œuvre : la marchandisation des animaux, leur utilisation, la consommation de leur corps.

De plus, l’élevage est en très grande partie responsable des déforestations. Ces déforestations poussent les humains au plus profonds des zones sauvages, les mettant en contact avec des espèces animales reculées qui peuvent être porteuses de pathogènes auxquels l’humanité n’a jamais été confronté.

7. Les petits élevages ne sont pas une solution.

Ce que nous critiquons ici, ce n’est pas l’élevage intensif au profit des petits élevages, mais l’exploitation animale dans son ensemble.

Nous savons que les petits élevages sont un fantasme de publicitaire, un décor bucolique de marketing permettant de masquer la réalité de l’élevage mondial.

La logique est simple : si nous voulons de la viande, du lait, des œufs et du poisson pour toute la société, si nous voulons baser notre alimentation sur l’exploitation des animaux, alors il faudra produire en masse afin de nourrir les milliards de personnes sur cette planète, donc il y aura forcément des fermes-usines, des bateaux-usines, des abattoirs gigantesques, et il faudra continuer de dévaster des zones sauvages pour accueillir le bétail et pour planter des céréales qui serviront à nourrir ce bétail.

Les petits élevages seront incapables d’approvisionner l’ensemble de la population, la viande et autres produits animaux deviendront des produits de luxe que seules quelques personnes favorisées pourront se procurer. Si on va au bout des choses, pourquoi continuer de faire tuer des milliers animaux pour satisfaire quelques privilégiés ?

8. Pour une société végane.

C’est pourquoi nous revendiquons un changement radical et immédiat de nos modes de production alimentaire. Abandonnons dès maintenant l’élevage et la pêche, et favorisons une production alimentaire végétale, en accord avec le respect maximum des écosystèmes. Mettons en place une société végane qui abolira l’exploitation des animaux dans tous les aspects de la vie.

-En terme de santé, les études scientifiques valident largement la viabilité d’une alimentation végétale pour tout type de population.

-D’ailleurs depuis quelques temps déjà, les scientifiques préconisent fortement une alimentation végétale pour des aspects d’urgence écologiste, afin de réduire drastiquement notre impact sur le climat et sur les écosystèmes.

– Le véganisme est un mode de vie pratiqué depuis plus de 40 ans par des milliers de personnes à travers le monde, et qui a largement démontré son ingéniosité culinaire, sa responsabilité rigoureuse par rapport à la santé humaine, et sa culture de la compassion afin créer une société écologiste, et pacifique avec les humains, les animaux et la nature.

Nous revendiquons également l’arrêt immédiat de la chasse, de la capture et la captivité d’animaux sauvages pour le divertissement, mais aussi l’élevage d’animaux pour la fourrure, et toutes pratiques aussi sanguinaires qu’inutiles comme la corrida.

Nous réclamons aussi une transition pour la recherche scientifique, afin d’abolir le plus rapidement possible l’expérimentation animale en développant des alternatives moins cruelles.

Ce changement global en faveur des animaux doit être organisationnel (changer l’agriculture et les chaînes de production, abolir certaines pratiques), mais il doit être aussi culturel et idéologique : il faut des programmes d’éducation populaire afin de changer notre regard sur les animaux, développer une éthique pour ne plus les voir comme des marchandises, des nuisibles ou des objets à notre disposition, et également favoriser la découverte et la curiosité scientifique par rapport aux animaux, mieux les connaître pour mieux les respecter, les protéger, et cohabiter avec.

Ce changement a déjà commencé depuis de nombreuses années, mais l’urgence planétaire exige que l’on passe à la vitesse supérieure, que nous frappions ensemble, de manière organisée.

9. Construction d’un front uni.

Cette pandémie n’est que le début d’une crise globale : la marche forcée de ce système capitaliste qui engendre un écocide général et des inégalités sociales toujours plus criantes.

C’est pourquoi en tant que militants animalistes, nous devons nous préparer à l’Après.

La question animale doit devenir une question fondamentale, une question qui changera notre rapport à la nature, une question qui sera surtout une réponse concrète à de nombreux problèmes contemporains, pour le bien des animaux avant tout, mais également pour le bien des écosystèmes et de l’humanité.

Nous devons rechercher l’unité de notre mouvement et le travail en commun, afin de mettre en avant cette question fondamentale, et d’y apporter ces réponses.

Nous avons également le devoir de travailler avec les écologistes, mais aussi avec les organisations de gauche et anticapitalistes qui se battent pour les travailleuses et travailleurs, pour les droits sociaux, pour la démocratie, pour la construction d’une autre société, à l’opposé des logiques capitalistes mortifères.

10. Complément stratégique à destination des organisations et des personnes engagées pour les animaux.

Pour finir, nous insistons sur un point qui nous paraît fondamental dans ce combat, c’est justement le fait de reconnaître que ceci est un combat.

Un combat qui révolutionnera toute la société, un combat qui s’oppose frontalement aux intérêts de certains secteurs industriels ultra-puissants, un combat qui s’oppose à des lobbyistes et un grand patronat, soutenus par des politiciens, et même l’État et son système juridique. Un combat culturel contre des éditorialistes et des penseurs de très gros médias conservateurs qui méprisent les animaux, et décrédibilisent les personnes qui défendent les animaux. Pour toutes ces raisons, ce combat ne peut pas être un simple programme juridique que l’on pourrai appliquer en changeant quelques lois, ou en apportant quelques réformes par le biais des institutions.

Cela demande une révolution culturelle totale.

Cela signifie que toutes et tous soyons engagées sur le terrain, dans l’action, au sein d’organisations et de structures. Cela demandera un travail militant sérieux, un engagement complet pour les animaux, et non un repli sur des modes de consommation individuelle (comme cela a pu se voir ces dernière années ou le nombre de vegans a considérablement augmenté en France, mais qu’en parallèle le nombre d’activistes sur le terrain a soit stagné, soit diminué)

Notre mouvement doit être populaire, nous devons travailler et évoluer avec les gens du peuple, celle et ceux qui nous sont proches, de la ville à la campagne, et non compter sur des personnalités de plateaux télé, des intellectuels à la mode, ou même des politiciens déconnectés de la vie des gens. ( ces derniers peuvent apporter un apport médiatique occasionnel, mais la direction et l’idéologie du mouvement doit être tenu par les militant.es de terrain, en accord avec les masses populaire constituant le mouvement)

Pour la progression du véganisme (et plus globalement de la cause animale), celui-ci doit être accessible pour tout le monde :

-Au niveau intellectuel, l’écriture de textes théoriques doit être claire et compréhensible par les non-initiés ou les personnes n’ayant pas eu de parcours universitaire.

-Au niveau culturel, les références doivent parler à la majorité, ou s’adresser en priorité aux classes populaires. C’est une évidence, mais tout ce qui contribue à marginaliser le véganisme dans un entre-soi élitiste et inaccessible sera nuisible à la démocratisation du véganisme et de la cause animale.

– L’accès aux produits veganes doit être accessible aux personnes à bas revenus, et éloignés des grands centre-villes et des quartiers branchés.

Autre point : Le racisme sous couvert de cause animale est encore trop fréquent, c’est une ignominie, totalement contre-productive qui plus est. Le racisme est une arme de division, cela salit la cause animale, cela affaiblit le combat.

Critiquer les traditions néfastes de certaines populations pour ce qu’elles sont est une chose, en faire un motif de haine pour insulter un peuple dans tout son ensemble, alors que chez nous en France nous avons des croyances tout aussi aberrantes, c’en est une autre. Par exemple, critiquer les croyances basées autour des pseudo-médecines traditionnelles chinoises, alors qu’en France une grande partie de la population se tourne également vers des pseudo-médecines alternatives, et refuse ainsi l’avis des scientifiques, boycotte les vaccins, et se rue sur l’homéopathie ou tout autre remède miracle à base de tisane vendu par des charlatans d’internet, c’est tout simplement l’hôpital qui se fout de la charité. En Chine ces croyances tuent des animaux en voie de disparition, en France, ces croyances tuent des gens. Balayons devant notre porte avant de se prétendre plus « civilisé » que les autres.

Le racisme ne renforce qu’un seul camp, c’est celui de l’extrême droite.

Ne tolérons jamais les propos et comportements racistes dans la cause animale, démontons méthodiquement chacun de leur argument, prenons fermement positions contre ces idées nocives et irrationnelles. C’est un travail d’éducation fastidieux qui doit devenir un réflexe généralisé.

Un autre aspect qui est d’une importance majeure, comme nous l’avons vu plut tôt dans ce texte, c’est de rejeter les attitudes misanthropes et nihilistes.

Croire que la solution aux problèmes de ce monde résiderai dans l’éradication de l’humanité par un virus ou par une autre hécatombe (comme la guerre) est une pensée monstrueuse. Cela glorifie la mort et la destruction, alors que nous devons nous battre au contraire pour la vie et la paix. C’est l’essence même de notre combat. Penser que seule la mort de l’humanité pourrai sauver les animaux et la nature est un comportement sociopathe, cela conduit les gens à adopter des logiques qui se rapprochent dangereusement des thèses fascistes. (au sens véritable du terme, en tant que courant politique historique)

Cela a pour premier effet de dépeindre les militants animalistes (et toutes personnes aimant les animaux) comme de dangereux illuminés, des ennemis du peuple. Comment convaincre la population du bien fondé de notre combat si ce que nous souhaitons en dernier recours est la mort de cette même population ?

Ensuite, ces idées misanthropes ne sont généralement que des postures de principe, une rébellion sans cause totalement morbide et puérile. En effet, nous doutons que la majorité des personnes désirant la mort et la souffrance de la population, par un virus ou toute autre catastrophe, le veuillent pour elles ou pour leurs familles.

C’est aussi un défaitisme : à quoi bon lutter si l’unique solution est la disparition de l’humanité ? A quoi bon prétendre avoir une éthique et mener un combat noble si le seul moyen de sauver les animaux et les écosystèmes nous conduit dans des logiques terroristes et exterminatrices ?

Laissons ces logiques de mort aux capitalistes et aux fascistes.

Notre combat est positif, nous voulons construire une société d’égalité, de paix et d’harmonie, et nous le ferons !

Sources :

https://www.infectioncontroltoday.com/infectious-diseases-conditions/world-zoonoses-day-most-emerging-infectious-diseases-originate

https://www.liberation.fr/debats/2020/03/30/eviter-les-prochaines-crises-en-changeant-de-modele-alimentaire_1783572?fbclid=IwAR243TE-tQZH8y-9C8Fwb9FqLXSu-WOj_EjoXF5jyJ2YF2IglD4VA_mV6O0

https://www.lepoint.fr/economie/la-redoutable-efficacite-des-eleveurs-de-porcs-allemands-24-10-2013-1747428_28.php

https://blogs.mediapart.fr/florence-dellerie/blog/140218/veganisme-vegetalisme-ce-que-dit-la-science

https://www.sudouest.fr/2020/03/11/landes-les-spectacles-taurins-impactes-par-le-coronavirus-7308103-727.php?fbclid=IwAR1hJNYOEqUAC3WHKp6kNukHn0nbuqaCw8LnMB2u1jGvhTwAqVHHfwdjJDM

https://www.20minutes.fr/societe/2740651-20200315-coronavirus-spa-ferme-refuges-public-redoute-vague-abandons?fbclid=IwAR2uBmv2jeRj1vumf5gzEwVvucZnJNRVbCCwf8t4sQ4w5DY8k6EeKFvvrHs

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/20/coronavirus-les-consignes-de-chasse-autre-casse-tete-en-temps-de-confinement_6033901_3244.html?fbclid=IwAR0nv-trg6nz9uXtx-A_AwZ9moqsMxuRptIvEkeiYZOXFlHX5pFqV7PBIXg

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-fermeture-anticipee-pour-la-saison-de-chasse-courre-6781941?fbclid=IwAR1SYCKdldck7pkVKpHehfn5HNDGWzQGs8Lec-tgS4cbvNSSJUHh2d0cY14

https://www.20minutes.fr/societe/2747551-20200325-coronavirus-qualite-air-jamais-aussi-bonne-ile-france-depuis-40-ans?fbclid=IwAR1JqzVrrdaUgu5uKZwTE5rqXRuwDM6TIKv1bvStWFQ3ptwwU6KEN3_FZJY

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/01/coronavirus-de-plus-en-plus-de-chinois-se-mobilisent-contre-les-marches-danimaux?fbclid=IwAR2Z_tpmmbgkr4rTPE8pWIduNBr5FHLxX_Hu3H94siA8j2Xh-XPI-wOziAM

https://lejournal.cnrs.fr/articles/quand-lhomme-favorise-les-epidemies?fbclid=IwAR3qqprOTNKK0kxSkxSSGwBa6tos0bd10vPz-ALKAPtfSG4en0kVtvgmBSI

https://www.20minutes.fr/planete/2752743-20200403-coronavirus-epidemie-consequence-biodiversite-maltraite-selon-philippe-grandcolas?fbclid=IwAR1l0ScG_HAa54eMYzn0gcTbodYPJTsC_Q5SHO6AHcyk_r5CwlU6AXVlJQY

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/coronavirus-von-der-leyen-preoccupee-par-les-mesures-d-urgence-en-hongrie-20200402

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