août 4, 2021

Écologie radicale et contestation sociale en progression : la bourgeoisie contre-attaque

Lien de l’article des Echos : https://www.lesechos.fr/…/lecologie-prise-en-otage-par-les-…

« L’écologie est aujourd’hui utilisée par des idéologues, véritables climatosceptiques déguisés, qui trouvent en elle un terreau idéal pour prolonger leurs vieilles batailles, la lutte contre le capitalisme et la démocratie libérale »
👉 Après avoir « pris en otage les vacanciers », les personnes qui se battent pour un autre modèle de société prendraient maintenant « l’écologie en otage » selon le journal LesEchos. Média issu de la droite libérale et appartenant au groupe LVMH regroupant des industries du luxe, ce journal vient de publier un article contre les militant.es qui se serviraient de l’écologie à des fins anticapitalistes.
« Afin de répondre à la double exigence de lutte contre le réchauffement climatique et de lutte contre la pauvreté, il n’est pas question d’abandonner notre système économique mais, tout au contraire, de consentir à des innovations et des investissements, d’une ampleur inédite, dans l’électricité décarbonée, les transports électriques ou à hydrogène et l’économie circulaire. »
👉 L’article fait la promotion d’un capitalisme vert utopique et irrationnel : la droite libérale veut nous faire croire que le capitalisme est un système bénéfique pour toutes et tous et qu’il suffit d’y impulser des initiatives en faveur de l’écologie pour combattre le dérèglement climatique.
Il place le réchauffement climatique comme le seul problème de la crise écologique mondiale, qu’il faudrait régler grâce à la mise en place « d’énergies dé-carbonées ». En faisant notamment la promotion du nucléaire et de la voiture électrique pour pallier à ce problème. Pourtant, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sont qu’une partie de cette catastrophe. Certes, c’est un des effets les plus préoccupant pour l’avenir de la vie sur Terre (et surtout la notre), mais les écocides sont nombreux et variés : déforestation, destruction et acidification des océans par la pêche et la pollution, appauvrissement des sols, pollutions des sols et des cours d’eau par les pesticides et les rejets industriels, fonte des glaces, extinctions massives d’espèces animales et végétales…
❌ En prenant l’exemple de l’invasion des locaux de Black Rock par une poignée d’activistes, le journal caricature les écologistes anticapitalistes comme des militant .es pour la restriction individuelle, troublant l’ordre de la société égalitaire et nous faisant ainsi passer pour des ennemis de la population. On retrouve ici les thématiques de la droite libérale, pour qui l’individualisme prime sur le collectif, et où les contestataires et les grévistes bloqueraient juste pour le plaisir, par fainéantise, de manière apolitique, dans le seul but d’empêcher les honnêtes citoyens de s’instruire et de travailler. Si l’article nous fait croire que d’un coté il y a un point de vue objectif basé sur la science, et de l’autre un groupe radical qui défend son idéologie à tout prix, la bourgeoisie défend pourtant ici son idéologie propre, comme on le voit à travers l’article « Quiconque aime la nature et les hommes doit s’engager pour l’introduction de mesures écologiques dans le cadre de la démocratie et de l’Etat de droit ». Nous sommes donc lancés dans une véritable bataille idéologique où chaque groupe se reproche la même chose : être néfaste pour le plus grand nombre.
📈 L’article dit qu’il faut replacer l’écologie sur le terrain scientifique et non idéologique. Nous ne sommes pas de cet avis : pour avancer il faut allier ces deux conceptions. Oui, l’écologie doit d’abord se baser sur des faits scientifiques neutres, des analyses rationnelles impartiales et objectives. Mais contrairement à ce journal, nous pensons que les connaissances scientifiques ne doivent pas se cantonner aux technocrates et à l’élite intellectuelle, mais doivent être au contraire démocratisées et partagées par de l’éducation populaire et de l’accès aux études par les plus précaires. C’est en s’appuyant sur la science que nous bénéficions d’une base objective pour prendre des décisions, et donc convaincre de l’urgence d’un programme écosocialiste.
💡Mais après le constat, il faut passer à l’action, et c’est là qu’intervient l’idéologie. On nous impose donc de choisir entres deux voies :
Soit on continue à soutenir le système capitaliste actuel en faisant confiance à la bourgeoisie et aux gouvernements au service du patronat. On maintient donc l’idéologie selon laquelle le système basé sur la propriété privé, la surproduction et la libre concurrence pourrait être réformé au service de l’écologie. C’est donc ne pas saisir tous les enjeux qui se dessinent à l’intérieur de la société, comme la puissance des multinationales et des industries pétrolières qui financent les thèses climato-sceptiques, les politiques et éditorialistes qui défendent la classes bourgeoise et ses intérêts, l’inter-connexion entres les Etats et les marchés… Cette voie mène vers la volonté de verdir l’image du capitalisme plutôt que de remédier au dérèglement climatique dans son ensemble, mais aussi vers un moyen pour les patrons et les entreprises d’ouvrir un nouveau marché pour en tirer des bénéfices.
Soit on met en place un véritable projet de société écologiste, où les logiques prédatrices et individualistes du capitalisme n’auront plus leur place. Une société où les besoins de la population et de la planète sont le point de départ pour penser la production, où chacun.e travaille selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, où la nature, les travailleurs.ses et les animaux ne sont pas utilisés pour faire de l’argent, mais où tout est repensé par et pour nous tous.tes.
➡️ Face à l’émergence et à la structuration de mouvements écologistes radicaux, la bourgeoisie tente encore une fois d’asseoir sa légitimité en appelant à la défense de la raison et de la démocratie , comme elle le fait face à tous les mouvements politiques prenant de l’importance ( féminisme, antiracisme, luttes ouvrières, véganisme, etc …)
Tout cela nous montre à quel point les libéraux méprisent la vie sur la planète, mais aussi les préoccupations légitimes du peuple. Pour ces bourgeois, leurs intérêts devraient être soutenus par le reste de la population, et toutes les personnes ne partageant pas leur vision du monde seraient des fanatiques, des radicalisées, de vulgaires rebelles sans cause. (d’ailleurs pour quelles raisons des travailleurs et des travailleuses devraient soutenir des élites intellectuelles au service de milliardaires, et des politiciens menteurs, méprisants et autoritaires ?)
Les capitalistes peuvent mentir autant qu’ils le veulent, cela ne changent pas les faits : leur système économique s’effondre, et il ne tient que par l’exploitation toujours plus brutale des prolétaires et par la répression policière, en même tant qu’ils nous embarquent vers une catastrophe écologique à laquelle nous ne sommes pas préparé.es. De plus en plus de monde s’en aperçoit, et nous sommes là pour proposer une alternative crédible et réaliste à ce système mortifère.
✅ Oui, pour faire de l’écologie, il faut dégager ces capitalistes bornés et fanatiques et réorganiser totalement la société, et pour ça il faudra une révolution. A nous de s’organiser collectivement pour que cela se réalise avant qu’il ne soit trop tard.

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