avril 11, 2021

Polémique autour des menus : la droite pleure pour un steak

Les élus écologistes ont fait passer une nouvelle mesure à Lyon, motivé par des soucis logistiques : les repas des cantines seront sans viande (mais avec poisson, œufs, laitages). Cette mesure avait déjà été prise l’année dernière par Collomb, mais cette fois ci l’opposition conservatrice a réagit, dénonçant notamment une imposition idéologique (qui ne l’est pourtant pas plus que d’imposer les repas avec viande, soutenu par les lobbys industriels ). 

La droite dont lyonmag fait partie se sert de n’importe quel pretexte pour tacler l’écologie que la nouvelle mairie est censée représenter.

Le premier ministre Darmanin, poursuivi pour viol par deux femmes, et proche de l’extrême droite monarchiste, a aussi mis son grain de sel dans cette polémique hypocrite. Le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a annoncé avoir saisi le préfet du Rhône. La FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) et les Jeunes agriculteurs du Rhône ont lancé un appel à manifester ce lundi. Ils ont organisé une mini ferme avec des animaux (dont des vaches), qui sont bien évidement stressés par le voyage et le fait de se retrouver en plein centre ville.

Parmi les arguments avancés, il y a : 

  • L’accusation que la mesure serait en fait idéologique, le végétarisme serait imposé aux enfants.

La mesure appliquée est exactement la même que celle qui a été appliquée il y a quelques mois et elle est annoncé comme étant temporaire. Si la mesure était idéologique, alors elle aurait été accompagnée d’un argumentaire adapté, et tout à fait cohérent avec une ligne écologiste.

  • Une prétendue attaque envers les paysans de la région.

Il semble que les légumes, œufs, laitages et poissons n’apparaissent pas par magie mais sont produits par les agriculteurs et éleveurs. En réalité il n’y a que les éleveurs d’animaux tués pour la viande qui pourraient être touché, et uniquement pour quelques mois. Encore faudrait il savoir si la viande servi en cantine du service public vient vraiment de petits élevages locaux… 

Si le problème est uniquement financier, il faudrait alors demander des subventions pour compenser les quelques semaines de perte. Si le problème est idéologique, cela veut dire que par pure crainte, par pure lobby politique d’imposer la viande dans les cantines, les éleveurs jugent légitime de perturber le fonctionnement sanitaire des écoles qui sont des lieux de contamination importants. Alors celles et ceux qui dénoncent une idéologie pro-animaux, ne seraient pas en réalité celles et ceux qui imposent partout leur idéologie, leur politique, leur business, d’exploitation animale? 

  • Pour les enfants de famille modeste ce serait le seul moment où ils pourraient manger de la viande. Et la viande serait nécessaire à une alimentation équilibré.

Ils vont même jusqu’à instrumentaliser les pauvres afin de lutter contre une mesure progressiste. Ils sont dans un fantasme, celui où certaines familles n’auraient pas les moyens d’acheter de la viande. Pourtant cela fait bien longtemps que la viande n’est plus un produit de luxe, qu’elle est présente partout à bas prix (on en trouve également à la banque alimentaire). Les familles pauvres consomment beaucoup de viande, et ce qui leur manque, ce qui est cher, ce sont les légumes de qualité. Et quand bien même certains enfants ne mangeraient pas de viande : elle n’est pas nécessaire à une alimentation équilibrée. C’est confirmé par la plupart des études sérieuses sur le sujet. Les prétendues carences en protéines ne sont que de la désinformation, de la croyance. Au final, le seul moment où la droite se préoccupe des pauvres, c’est pour défendre des valeurs conservatrices.

On pourrait s’étonner de voir tout ce beau monde s’affoler autour d’une histoire de steak. Une simple mesure pratique qui avait déjà été prise il y a quelques mois sans que personne ne s’en émeuve. Le but ici n’est (malheureusement) pas d’éduquer les jeunes générations à manger d’une manière plus éthique et écologique. Mais uniquement de correspondre aux mesures d’hygiènes imposées par l’état, tout en servant un menu équilibré correspondant à tout les régimes alimentaires de la grande majorité des enfants, et cela pour une durée de quelques semaines seulement.

Ce dimanche matin, Grégory Doucet, maire écologiste, a répondu sur Twitter : « Cette mesure de menu unique est prise pour des raisons sanitaires. On ne vous a d’ailleurs pas entendu tenir ces propos à Gérard Collomb, membre de votre famille politique et qui avait pris exactement la même mesure lors de la première vague »… « Alors que nous garantissons un repas équilibré à tous nos écoliers, des milliers d’étudiants attendent vos mesures. N’hésitez pas à prêter un regard pour eux ».

Force est de constater qu’il n’a pas tort en soulignant l’hypocrisie de ce gouvernement qui panique pour quelques morceaux de viande mais qui n’en a rien à faire de la détresse et de la précarité des étudiant.es, et de la jeunesse française en général, travailleurs, travailleuses, chômeurs, chômeuses. 

Le taux de chômage chez les jeunes est de 21.8% selon l’insee. Sans compter les étudiant.es non travailleurs, et les handicapés. La précarité de la jeunesse de ce pays est plus que préoccupante, surtout dans une période aussi sombre que la notre. Pandemie, réchauffement climatique, casse des droits sociaux… quel avenir avons nous ? 

En vérité ce qui dérange c’est que les jeunes générations devraient être éduqués à une transition en douceur vers une alimentation végétale. Ce serait bien nécessaire du point de vue écologique si on veut que ces mêmes enfants aient un avenir moins sombre que celui qui arrive si on ne change rien. Et ceci est bien dans l’air du temps. Nous voyons ces dernières années un mouvement de la jeunesse qui lutte pour l’écologie. Une jeunesse qui comprend bien que le monde que nous connaissons est en train de mourir, qu’on a plus le choix. La génération qui mange dans nos cantines comprendra très bien les dégâts causés par le capitalisme, elle comprendra très bien la nécessité de changement. 

La droite vit dans le passé et sera forcément contre n’importe quel changement progressiste, surtout lorsque ces derniers s’attaquent, ou semblent s’attaquer, à des traditions bien françaises.

La droite se veut le camp du pragmatisme et de la raison, au dessus des ideologies.

Pourtant, c’est bien la droite qui polémique en permanence sur des faux-problèmes, que ce soit contre les personnes musulmanes, les animalistes, les grévistes, etc… de véritables fantasmes (ou mensonges) produits par leur idéologie réactionnaire.

Et dans ce cas, la droite conservatrice cherche à faire front contre tout ce qui touche -de près ou de loin- à l’écologie, au respect des animaux, et à l’adaptation de la société au contexte planétaire.

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