août 4, 2021

Pour nos luttes, la vérité restera toujours plus forte que le mensonge

➡️ Les résultats définitifs de l’enquête à propos du drame qui a coûté la vie à Elisa Pilarski viennent de sortir, et ils sont unanimes, c’est bien Curtis, son chien qui serait le seul responsable de sa mort. Ce fait divers a fait énormément de bruit à l’époque, non seulement par l’horreur de la scène, aussi parce que la victime était une jeune femme enceinte… Mais surtout parce que cela a rapidement pris une dimension politique nationale, puisque à proximité du drame avait lieu une chasse à courre, un loisir extrêmement controversé, largement détesté par la population, et que les premiers éléments de l’enquête apparus dans les journaux laissaient planer le doute quant à l’implication des chiens de chasse en liberté. Très vite, cette affaire était devenue une bataille d’opinion sur deux aspects :

– la défense des chiens catégorisés comme dangereux

– la lutte contre la chasse à courre

⛔ Les premiers éléments ont vraiment semé le trouble et provoqué la colère :

Un capitaine de gendarmerie qui menait l’enquête participait à la chasse à courre.

Les tests ADN nécessaires pour connaître quels chiens étaient responsables, ne concernaient qu’une partie de la meute de chiens de chasse.

L’ex compagnon d’Elisa déclarait qu’il avait reçu un appel d’elle disant qu’elle était encerclée par une meute.

Plusieurs changements de procureurs en charge de l’affaire.

Des fakes news se sont aussi rependues, mettant ainsi de l’huile sur le feu…

⚠️ Pour expliquer cette colère nous devons aller plus loin. Nous devons prendre également en compte l’impunité permanente des chasseurs impliqués dans des accidents, mais également l’étroite collusion entre le monde de la chasse et les pouvoirs publiques ainsi que les médias, surtout en ce qui concerne la chasse à courre. La mort d’Elisa est à placer dans un contexte où la majeure partie de la population française est choquée par le manque de condamnation des chasseurs lorsqu’ils tuent (accidentellement) des personnes, où malgré le fait que la majorité des citoyens sont contre la chasse à courre, elle a toujours lieu et est même protégée par les préfets. Les jeux politiques et économiques mis en place par le lobby de la chasse sont de plus en plus visible. Le peuple n’a donc légitimement plus confiance en les élus. Cette colère et cette méfiance font perdre l’objectivité et le recul nécessaire pour juger cette situation.

🐾Ce n’est pas l’animalisme ni le véganisme qui a poussé des milliers de personnes à avoir des conclusions hâtives qui se sont retrouvées erronées, mais bien la capacité générale de la population à analyser l’information, en triant ce qui est factuel et ce qui ne l’est pas. C’est un problème de société que l’on retrouve trop souvent sur une multitude de thématiques. Éléments d’enquête ambigus, impatience pour obtenir les résultats définitifs, manque de transparence des autorités (à tort ou à raison), approximation médiatique, interprétation partisane (valable dans un camp comme dans l’autre), mensonges d’une personne clé impliquée dans le drame, biais humains face au traitement de l’information… Tout ceci a conduit à ce que l’affaire Curtis devienne une méfiance populaire envers les institutions, comme tant d’autres affaires médiatiques. Cela s’apparente malheureusement à du complotisme, un phénomène social conduisant à la propagation de rumeurs et de fakenews, jusqu’à la construction d’un récit alternatif basé sur des croyances, provoquant un cercle vicieux souvent irréversible. Pour nos luttes, la vérité restera toujours plus forte que le mensonge. Maintenant, si l’enquête devait présenter des zones d’ombre, si on devait avoir des doutes et s’il existait une vérité cachée comme le proclament tous les gens qui n’acceptent pas le verdict, il faudra alors se baser sur des éléments d’enquête de personnes compétentes, professionnelles, sur la base de preuves très solides, et non d’un refus d’accepter la réalité ou de se fier à des rumeurs ou des fakenews.

➡️ Et si certains chasseurs n’hésitent pas à se gargariser des résultats de cette affaire pour discréditer les animalistes et les anti-chasse, ce n’est pas grâce à une meilleure faculté d’interprétation du réel ni une meilleure logique de raisonnement, mais tout simplement grâce à la chance. Car les chasseurs n’avaient aucun contrôle sur le déroulés des événements. Pas besoin de s’acharner sur la contre-vérité d’un fait divers macabre pour lutter contre la chasse, il y a suffisamment d’arguments solides contre cette pratique, qu’ils soient d’ordre éthiques, écologiques, ou démocratiques. La chose la plus regrettable dans cette histoire, c’est que l’irresponsabilité d’un homme ai conduite à ce que son chien attaque mortellement une femme enceinte. Nous vous invitons à lire cet article pour approfondir ce sujet :https://questionsdecomposent.wordpress.com/…/affair…/…

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